Co-animée par Monsieur AdamaSankara, chef de service Promotion du financement de l’entreprenariat agricole et par Monsieur Tasré Bouda, personne-ressource et ancien directeur en charge de la question, la formation a permis de comprendre la finalité, la vision, les objectifs, les réalisations et les défis de l’entreprenariat agricole des jeunes.

Contribuer au développement durable est la finalité de ce type d’entreprenariat. Faire du Burkina Faso est espace d’autosuffisance alimentaire et un pays d’exportation du surplus de la production agricole dans la sous-région et à l’international est la vision de l’entreprenariat agricole. Les objectifs consistent à doter les producteurs de moyens suffisants en outils, en semences et en engrais pour une meilleure productivité agricole. Quelques réalisations existent à travers des exemples concrets mais ne permettent pas de voir l’entreprenariat agricole émerger au Burkina Faso. Il y a des défis à relever en matière d’accompagnement des initiatives et le ministère en charge de l’agriculture développe de nombreuses initiatives pour transformer les défis en opportunités.

Les points essentiels de la formation ont porté sur les concepts, la situation alimentaire au Burkina Faso, les liens entre l’entreprenariat agricole et la sécurité alimentaire, la place de la jeunesse dans l’entreprenariat agricole, la problématique du financement, les opportunités et les perspectives de l’entreprenariat agricole.

Le Burkina Faso compte 86% de sa population dans le secteur agricole qui contribue au PIB à hauteur de 30%. Cette faible contribution est due aux aléas climatiques, la pauvreté monétaire, l’insuffisance de terres agricoles pour les jeunes et les femmes, le coût des facteurs de production, la faible attraction des banques pour le financement du secteur agricole.

Toutes ces contraintes font du Burkina Faso un pays dépendant des importations pour son alimentation. Les 51% des jeunes qui sont sans emploi auraient pu être orientés dans l’entreprenariat. L’alternative doit être l’auto-emploi qui occasionnera d’autres emplois à terme. Le ministère en charge de l’agriculture encourage les jeunes diplômés à entreprendre dans le secteur agricole.

Les concepts ont porté sur la compréhension théorique des termes suivants : autosuffisance alimentaire, sécurité alimentaire, souveraineté alimentaire ou l’indépendance dans le financement de l’agriculture.

La communication a permis de connaître les domaines de l’entreprenariat agricole : production agricole et animale, transformation et commercialisation des produits agricoles. Il importe d’intégrer le renforcement des capacités des acteurs agricoles comme domaine complémentaire de l’entreprenariat agricole. L’entreprenariat agricole suppose des équipements appropriés, une main d’œuvre salariée, des documents de planification et de gestion (pour rémunérer et évaluer les facteurs de production), une prise de risques et une saisie des opportunités, la patience, la persévérance et la discipline, une production intensive, la commercialisation de la grande partie de la production et une réalisation de profits.

Le lien entre la sécurité alimentaire et l’entreprenariat agricole est l’apport de la croissance à la réduction de la pauvreté à travers l’offre d’emplois, l’autonomie financière, la modernisation de la production.

Seulement 5,7% des exploitations agricoles du Burkina Faso relèvent de l’entreprenariat agricole avec moins 4% de jeunes. L’agriculture est la meilleure alternative et une bonne opportunité dans toutes les régions du Burkina Faso. Le potentiel est sous le sol et il faut se convaincre que la terre ne ment pas.

Il se pose la problématique de financement de l’entreprenariat agricole. Le Burkina Faso consacre 14% de son budget au secteur agricole. La part de l’APD dans le financement du secteur agricole est plus de 50% ce qui freine la marche vers la souveraineté alimentaire. Il faut également les différents fonds alloués au secteur agricole. Les banques et les microfinances interviennent également dans le financement du secteur agricole à hauteur de 2% des crédits destinés majoritairement au court terme. Les institutions financières manquent de compétences pour l’octroi de produits adaptés au secteur agricole. La loi bancaire prise par la banque centrale (BCEAO) constitue également une contrainte en matière de financement du secteur agricole. Le manque de professionnalisme des acteurs du secteur agricole est cité par les banques qui refusent le financement du secteur agricole.

La communication a relevé les opportunités et les perspectives pour les jeunes et les femmes entrepreneurs : les fonds nationaux, le projet de création d’une banque dédiée au secteur agricole, le projet de création d’un fonds de développement agricole, la mise en place d’un système d’assurance agricole, l’adoption d’un code d’investissement agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique, le renforcement des capacités des acteurs et les incubateurs d’entreprises agricoles.

L’entreprenariat agricole est le chemin sûr vers le développement durable des pays en développement. Il offre une meilleure alternative aux jeunes diplômés sans emploi pour augmenter leur taux d’utilité et vivre la finalité de leur vie : servir les autres.

Selon Monsieur Tasré Bouda, il faut avoir la passion de l’agriculture avant d’entreprendre et commencer avec des moyens et des ambitions modestes et des actions contrôlables afin d’aller plus loin. C’est après cela que le jeune entrepreneur peut se tourner vers les institutions de financement. Le tout début, c’est avoir l’esprit entrepreneurial développé et être audacieux, persévérant, patient et discipliné. Les jeunes diplômés sont capables de s’engager pour révolutionner le secteur agricole.

Les échanges ont porté sur l’inadaptation du système éducatif. La majorité des jeunes diplômés aspirent à devenir fonctionnaires qu’à être entrepreneurs agricoles.

Le ministère de la jeunesse s’est dit disponible pour accompagner ce genre d’initiative en donnant des formations sur les fonds destinés aux jeunes. Le représentant du ministre de la jeunesse a cependant regretté le manque de projets issus d’une véritable vision portés par les jeunes. Il n’y a pas de projet qui réussit sans au préalable une idée originale de projet. Il faut donc un changement de mentalités pour ne pas continuer à financer des projets contre-productifs.

Il a été recommandé aux jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat agricole d’apprendre d’abord avant d’entreprendre. L’expérience est capitale et il faut accepter travailler pour quelqu’un avant de s’engager pour sa propre initiative.

Pour le ministère en charge de l’agriculture, il a été suggéré qu’il  s’organise pour aller vers les universités afin de former les jeunes et les attirer à l’entrepreneuriat agricole.

La mauvaise perception de l’activité agricole freine aussi le décollage de l’entrepreneuriat agricole. A titre d’illustration, certains parents sont prompts à avertir leur enfant qui travaille mal à l’école : « Si tu gagnes de mauvais résultats à l’école, je vais t’envoyer au village pour cultiver. » 

En conclusion, il faut retenir qu’un véritable entrepreneur est celui qui crée son propre capital pour lancer son entreprise et non celui qui demeure un demandeur passif de financement.

Les participantes et les participants ont eu droit au témoignage de Madame Claudia Sophie Salamata SEDEGHO, Président de l’association « La Saisonnière » qui œuvre dans la promotion de l’agriculture biologique et écologique. L’histoire de « La Saisonnière », faite de périodes de gloire et de moments de difficultés surmontées, a impressionné les participantes et les participants.

 

Dr Poussi SAWADOGO

Directeur des Etudes/IPD-AOS


 

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