Dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui à l’économie sociale et solidaire en Afrique (PA/ESSA) initié par l’IPD-AOS sous le parrainage de l’IRED et sur le financement de la Fédération Genevoise de Coopération (FGC), une quinzaine de formateurs ont été réunis les 20, 21 et 22 septembre 2017 à Ouagadougou pour valider les modules de renforcement des capacités des leaders et des responsables de l’ESS en Afrique.

L’équipe de projet a invité les différents formateurs à privilégier une approche pratique, participative et interactive afin d’accompagner les leaders et les responsables des entreprises ESS bénéficiaires dans la gouvernance de leurs structures. Au regard des profils diversifiés et des domaines d’intervention des leaders et des responsables des entreprises ESS, les formateurs doivent mettre l’accent sur des cas concrets, des exercices de situation et des outils opérationnels.

Pour la première journée, un groupe de six participants, de la première session prévue en novembre 2017 sur l’organisation et la gestion d’une entreprise ESS, se pencheront sur les thèmes suivants : l’approche théorique et les domaines de l’ESS, l’organisation d’une entreprise (constitution d’équipe et organisation du travail), les outils de gestion du personnel (réunion, motivation et formation), la négociation sociale et la gestion financière des entreprises ESS.

Le second jour sera consacré à la validation des septmodules de la deuxième session prévue en mars 2018 sur les techniques de promotion des produits ESS. Les formateurs du second module aborderont les questions relatives aux médias traditionnels (journaux, radios, télés) et promotion des produits ESS, aux TICset promotion des produits ESS (sites Internet, réseaux sociaux), au LABORATOIRE ESS Afrique et promotion des produits ESS (présentation de la plateforme, de ses opportunités et utilisation), à l’étude de marché pour lancer un produit ESS, au marketing et promotion des produits ESS, à l’assurance qualité des produits ESS et aux salons, foires et expositions et promotion des produits ESS.

Le troisième jour traitera des six modules de la troisième session programmée pour juin 2018 sur le thème relatif aux techniques de recherche de financement des entreprises ESS. Les formateurs de ce groupe valideront les contenus sur les techniques de rédaction de documents de demande de fonds, les techniques de recherches de financement (sources locales, fonds nationaux), les techniques de recherches de financement (organismes internationaux), les TICs et techniques de recherche de financement, l’environnement juridique des entreprises de l’ESS et le plaidoyer, réseautage et mobilisation des fonds au profit des entreprises ESS.

Les discussions devraient permettre d’améliorer les modules proposés et de disposer d’un cahier de participants pour les deux années d’activités de renforcement des capacités des leaders et des responsables des entreprises ESS. La troisième année est dédiée à des formations alternatives consistant à des séjours d’apprentissage au sein des entreprises d’ESS au Burkina.

Dr Poussi SAWADOGO

Superviseur du projet

Depuis le mardi 25 juillet 2017, agents de l’administration et stagiaires de l’IPD-AOS se sont mobilisés pour faire la promotion des services de formation de l’Institut sur le site du Centre d’information, d’orientation scolaire, professionnelle et des bourses (CIOSPB) transformé en marché des écoles supérieures de formation professionnelle dans le cadre de la semaine de l’orientation scolaire et professionnelle co-organisée par le CIOSPB et l’association des établissements d’enseignement privés.

Avec enthousiasme et professionnalisme, l’équipe de l’IPD-AOS a su convaincre les visiteurs sur la spécificité et l’originalité des offres de formation de l’IPD-AOS qui allient les enseignements théoriques, les activités pédagogiques du terrain et l’apprentissage auprès des populations à la base. Les filières comme la planification régionale et l’aménagement du territoire (PRAT), la télédétection et les systèmes d’information géographique (TSIG), le genre, population et développement (GPD), le management de projets et microréalisations (MPMR) et l’agriculture et les innovations technologiques forment des professionnels du développement durable en licences et en masters sous les régimes présentiel et en ligne.

Cette foire a été une véritable occasion de rendre visibles les réalisations de l’IPD-AOS. Elle a permis à l’Institut de réaliser une activité de promotion à même de lui rapporter quelques inscrits pour la rentrée prochaine. De cette expérience, l’équipe envisage organiser le 05 août 2017 une journée porte ouverte afin de permettre à toutes les personnes qui ont visité le stand de l’Institut de découvrir le campus et de voir les réalisations pratiques des stagiaires de masters. La direction régionale devrait accompagner cette nouvelle initiative de promotion afin de tirer grandement bénéfice.

La Direction Générale


 

A Ouagadougou, dans le quartier Rimkièta, une association fait bouger les lignes en permettant au consommateur de disposer de beurre de karité bio. Le présent article, rédigé à la suite de la visite au site de production le 22 avril 2017, fait la substance du travail des femmes de cette association dénommée SongtaabYalgré.

L’Association SongtaabYalgrè (ASY) qui veut dire « s’entraider largement » en langue nationale moore est une entreprise d’économie sociale et solidaire créée en 1990. Elle a été reconnue par les autorités administratives en 1998. Cette entreprise vise l’amélioration des conditions de vie des femmes membres de l’association par la valorisation des produits locaux (notamment le karité). Elle est une organisation d’appui aux femmes à travers les activités économiques qu’elle développe.

Des missions et des objectifs nobles

L’ASY, engagée au service du développement des femmes, poursuit les missions suivantes :

  • élaborer et exécuter des programmes d’activités de formation, de perfectionnement et de recyclage sur des thèmes tels que la santé de la production, la gestion des micros entreprise, l’alphabétisation fonctionnelle, la transformation des produits locaux, etc. ;
  • consolider les activités des groupements membres ;
  • valoriser et de faire la promotion des produits locaux ;
  • établir une mise en contact avec des ressources spécialisées pour des questions légales, financières, techniques et des conquêtes de marchés.

L’ASY vise, par le biais de l’encadrement, la formation, les conseils et l’assistance, à renforcer les capacités de gestion des groupements féminins engagés dans la micro entreprise et les petites entreprises. À cet effet, l’association s’est fixée les objectifs suivants :

  • réfléchir sur les voies et moyens susceptibles de libérer l’énergie créatrice des femmes en les aidant à s’orienter vers des secteurs d’activités plus rentables en vue de faciliter leur véritable insertion dans les circuits modernes de l’économie ;
  • acquérir de nouveaux comportements et de nouvelles attitudes en tant que gestionnaires ;
  • créer, développer et organiser des mécanismes de financement accessibles et adaptés aux besoins des femmes ;
  • mettre à la disposition des femmes un cadre d’échange d’expérience, de concertation et d’idées porteuses de perspectives pour leur promotion socio économique ;
  • encourager et développer l’esprit d’entreprise des femmes ;
  • contribuer à élever le niveau d’instruction et de connaissance en techniques modernes de production, de commercialisation et de gestion ;
  • améliorer les conditions de vie des femmes dans la société, leur santé, leur éducation, leurs revenus et leur capacité à accéder à l’information et à la formation.

Un fonctionnement qui donne des résultats

Pour un meilleur fonctionnement, l’ASY s’organise sur plusieurs plans : organisationnel et institutionnel.

Sur le plan organisationnel, les productrices membres de l’ASY sont organisées autour de douze centres de production/commercialisation que sont :

  • centre de production de Gounghin basé à Ouagadougou,
  • centre de production de Sonpélcé situé à 12 km de Ouagadougou,
  • centre de production du village de Boulsin à 45 km de Ouagadougou,
  • centre de production du village de Siglé situé à 63 km de Ouagadougou,
  • centre de production du village de Saponé situé à 40 km de Ouagadougou.
  • centre de production du village de Gampéla situé à 17 km de Ouagadougou,
  • centre de production du village de Kombissiri situé à 35 km de Ouagadougou.
  • centre de production du village de Boussé situé à 55 km de Ouagadougou ;
  • groupement de femmes Namagb-sanga de Ziga à 35 km de Ouagadougou,
  • groupement de femmes de Koudougou à 100 km de Ouagadougou,
  • groupement de femmes de Fada (Zanthiabougou et Mathiakoily) 215 km de Ouagadougou,

L’exploitation de la filière karité faite par les membres de l’association commence par l’entretien des arbres à karité, la collecte des amandes, le traitement et les différentes étapes de transformation, et se termine par la commercialisation. Les produits dérivés du karité sont principalement le beurre de karité biologique, le beurre conventionnel et la pulpe de karité biologique.

Le beurre obtenu est aussi transformé en produits cosmétiques que sont : la pommade et le lait corporel, les savons de lessives et de toilette.

 

La collecte des amandes

Dans le souci d’obtenir une bonne qualité du beurre de karité et de même assurer une protection de l’environnement, l’ASY est l’initiatrice du karité biologique au Burkina Faso à travers le projet KARIBIO. Ce projet permet aux collectrices et aux productrices de karité d’obtenir une meilleure rémunération de leur travail par la valeur ajoutée engendrée par le processus biologique.

Pour ce faire, l’ASY a identifié les territoires biologiques par un système de codification de l’arbre au client pour garantir la traçabilité tout au long de la chaîne de production.

La transformation des noix de karité

Une fois les noix de karité ramassées, elles sont écrasées et traitées pour obtention d’une graisse ou huile végétale après cuisson. Le beurre de karité est obtenu selon le savoir-faire traditionnels des femmes. Le travail est long et difficile, et se fait en communauté. En moyenne, 5 femmes travaillent chacune 4 à 5 heures par jour pour produire 1kg de beurre de karité (en tout 20 à 25 heures de travail pour 1kg du beurre de karité).

La production comprend plusieurs étapes :

  • la collecte : c’est le ramassage des noix et amandes dans les champs et dans la brousse ;
  • le triage et le lavage manuel des noix : seules les amandes saines et issues de fruits murs sont sélectionnées et lavées ;
  • le séchage au soleil : cette étape a pour but de diminuer leur teneur en eau ;
  • le concassage : il consiste à fragmenter l ‘amande ;
  • la torréfaction : les fragments d’amandes obtenus sont chauffés dans une marmite ou un torréfacteur. Cette étape permet de casser les cellules oléifères.
  • le pilage ou le concassage : les amandes grillées sont écrasées au pilon ou par le concasseur ;
  • la mouture au moulin ou à la main : les amandes sont moulues en pâte épaisse de couleur brune.
  • le barattage : la pâte moulue est placée dans un récipient, puis malaxée et battue à la main ;
  • le lavage : en ajoutant de l’eau, une émulsion se crée ; la matière grasse qui flotte en surface est manuellement …. Cette étape est répétée plusieurs fois
  • la cuisson : la matière grasse lavée est mise à cuire. Une mousse apparaît en surface ;
  • la décantation : la matière est laissée au repos, refroidit, les impuretés qui surnagent sont alors enlevées ;
  • le filtrage : le reste des impuretés sont retenus par le morceau de bois et : ou un tamis à maille lors du transvasement du beurre fondu.

Le beurre fondu se solidifie en beurre de karité et conditionné en sachets, dans des pots de 100 g ou des sceaux de 200 litres pour les commandes importantes.

La commercialisation, un défi à relever

L’entreprise Koostaama dont l’objectif est de rechercher la clientèle pour les produits de l’ASY., a une boutique au siège de l’ASY et une autre au centre de la ville de Ouagadougou. Cela lui permet de vendre les produits. De plus, elle procède par dépôt-vente dans certaines boutiques d’alimentation de la ville.

Les femmes productrices de l’association sont très heureuses de pouvoir s’occuper avec les activités de production de l’association et surtout de bénéficier des revenus qui leur permettent de survenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. Néanmoins, elles souhaiteraient avoir plus de commandes afin d’accroitre considérablement leurs revenus.

L’ASY connait un certain nombre de difficultés pour écouler ses produits sur le marché. Le problème qui ressort est tant qu’il n’ya pas assez de commandes, les femmes ne peuvent pas produire le beurre de karité en quantité importante.

 

Mme Sylvie Emmenegger

Projet PA/EESSA

Responsable du Pôle Ouagadougou


 

 

La FAO et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) appellent à se refocaliser sur le développement rural, les catastrophes climatiques déplacent une personne chaque seconde

« Le changement climatique pose un risque majeur pour les populations rurales des pays en développement,  provoquant souvent des phénomènes de migrations de détresse. Face à cela, encourager l’agriculture durable fait partie intégrante d’une réponse politique efficace, » a déclaré aujourd’hui M. José Graziano da Silva, Directeur de la FAO.

Prenant pour exemple des chiffres édifiants sur les déplacements de populations qui montrent que depuis 2008, une personne se déplace chaque seconde en raison des catastrophes climatiques et météorologiques, soit une moyenne de 26 millions par an et suggérant que la tendance était amenée à s’intensifier dans un avenir proche alors que les zones rurales peinent à faire face à la hausse des températures et à l’irrégularité des précipitations, il a déclaré que : « la solution pour relever ce grand défi a trait à la promotion des activités économiques dans lesquelles sont déjà impliquées la vaste majorité des populations rurales » .

M. José Graziano da Silva et M. William Lacy Swing, Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) se sont exprimés lors d’une rencontre organisée pendant la Conférence de la FAO.

« Bien que moins visibles que d’autres événements extrêmes comme les ouragans par exemple, les événements provoqués par le changement climatique et progressant lentement ont tendance à avoir un impact plus important sur le long terme »a expliqué M. Swing, faisant notamment référence à l’assèchement du Lac Tchad sur une période de 30 ans et au fait que la région était maintenant aux prises avec une grave crise alimentaire.»

« De nombreux migrants viendront des zones rurales et cela aura vraisemblablement un impact important sur la production agricole et le prix des produits alimentaires. »

La FAO et l’OIM, choisis pour co-présider le Groupe mondial sur les migrations en 2018, un groupe inter-agences rassemblant 22 organisations onusiennes, travaillent sur les différentes manières de lutter contre les causes originelles des migrations, une question de plus en plus pressante pour la communauté internationale.

Les facteurs de migration rurale

Les zones rurales des pays en développement, où souvent les ménages pauvres disposent de capacités limitées pour faire face aux risques et les gérer, devraient vraisemblablement subir de plein fouet la hausse des températures.

Ces vulnérabilités se sont aggravées en raison du manque  cruel d’investissements dans les zones rurales qui  concerne ces régions depuis de longues années.

Utiliser les migrations comme une stratégie d’adaptation peut être positif – les transferts d’argent peuvent stimuler la sécurité alimentaire et l’investissement productif dans les régions d’origine mais peut aussi entrainer davantage de vulnérabilité si non appuyé par des politiques adéquates.

« Nous devons systématiquement intégrer les migrations et le changement climatique dans nos programmes nationaux de développement et de réduction de la pauvreté, dans nos stratégies de réduction des risques, dans la planification de nos crises sans oublier de développer des pratiques et des politiques agricoles qui permettront d’améliorer la résilience des populations face aux phénomènes de migration induits par le climat, » a ajouté M. Swing.

La FAO et l’OIM ont appelé à une reconnaissance explicite des migrations, de ses causes et de son potentiel dans les politiques nationales liées au changement climatique et au développement rural.

Le rôle de l’agriculture

Les secteurs de l’agriculture et de l’élevage subissent généralement plus de 80 pour cent des dégâts et pertes causés par la sécheresse, ce qui souligne à quel point l’agriculture est probablement l’une des principales victimes du changement climatique. La dégradation des sols, les pénuries d’eau et l’épuisement des ressources naturelles font partie des autres impacts du changement climatique sur le secteur.

« Le développement agricole et le développement rural doivent faire partie intégrante des solutions face aux défis météorologiques et climatiques, surtout en raison de leur lien avec la migration de détresse » a detaillé M. Graziano da Silva. 

« Il est nécessaire d’investir dans les moyens d’existence ruraux, dans la création d’emplois décents, en particulier pour les jeunes, et dans des systèmes de protection sociale destinés à protéger les populations face aux risques et aux chocs » a-t-il ajouté.

La FAO vient en aide aux pays membres vulnérables de plusieurs façons, et notamment à travers la mise en place de systèmes d’alerte rapide et interventions précoces, en luttant contre les pénuries d’eau et en encourageant l’adoption de méthodes agricoles intelligentes face au climat et d’initiatives d’accès sécurisé aux combustibles et à l’énergie pensées pour faciliter les tensions entre les réfugiés et leurs communautés hôtes tout en réduisant le phénomène de déforestation.

Source : 

 

 

 


 

Après le développement théorique du 24 et du 25 avril et l’atelier de conception des supports du 26 avril, les seize participants à la formation ont présenté leurs modules les 27 et 28 avril. Durant ces deux jours, sous le regard attentif des formateurs, les participants transformés en animateurs ont abordé des thématiques diverses répondant à leur profils universitaires et professionnels. Les sols, les mines, la sécurité au laboratoire et la gestion des produits chimiques, la gestion des entreprises, des administrations, des équipes, du personnel et des finances, les SIG au service du développement, l’impact du changement climatique sur le développement et la lutte contre la pauvreté par la promotion des filets sociaux ont fait l’objet de présentation selon les principes de l’andragogie et de la prise de parole en public du processus, les formateurs ont souligné la pertinence des thèmes développés, la maîtrise technique des sujets, le contenu informatif et la bonne illustration des supports, la qualité de la prestation orale et la richesse des contributions lors des échanges. Ils ont recommandé aux participants de persévérer dans la pratique afin d’améliorer constamment leurs capacités.

Malgré le temps limité consacré à la formation, les participants ont exprimé leur satisfaction à l’IPD-AOS et au CRYSPAD qui ont relevé le défi et ont pris l’engagement de mettre en pratique les enseignements reçus. La session a pris fin par la remise des certificats aux participants.

Une session spéciale est prévue en fin juillet 2017 suite à la manifestation d’intérêt d’un nombre important de personnes. Toute personne intéressée à prendre part à cette session spéciale peut s’inscrire auprès de l’assistante de l’IPD-AOS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

 

La Direction Régionale

 

Débutée le lundi 24 avril 2017, la formation de formateurs, organisée par l’IPD-AOS en collaboration avec le Centre de Recherche-diffusion Yangrin Sawadogo pour la paix et le développement (CRYSPAD), est à son troisième jour. Les deux premiers jours ont permis d’aborder les questions théoriques relatives aux concepts, aux méthodes, aux techniques et aux outils de l’andragogie. Facilitée par le Doyen du CRYSPAD, Coach Boukaré Kaboré, et par Docteur Poussi Sawadogo, Directeur Régional de l’IPD-AOS, le volet théorique a permis d’intéressants échanges entre l’ensemble des acteurs du processus formatif.

Le mercredi 26 avril 2017 est dédié à l’atelier de conception des supports de formation. Les seize participant(e)s, issus de milieux académiques (sociologues, ingénieurs, économistes, juristes, gestionnaires des ressources humaines) et professionnels (BUMIGEB, BUNASOLS, cabinets privés et IPD-AOS) différents vont proposer des contenus qui seront présentés au cours des deux derniers jours de la formation. Au total, douze hommes et quatre femmes se sont engagés dans cette aventure de renforcement de capacités en formation de formateurs.

Identifiés dès le premier jour de la formation, les thèmes couvrent un vaste champ touchant les domaines de la gestion (administration du personnel, gestion des conflits, management d’équipe, management des entreprises et des organisations, manuel de procédures administratives, financières et comptables, analyse financière d’une entreprise en difficultés) à l’étude des sols (connaissance des sols, gestion intégrée de la fertilité des sols, méthodes d’analyse physique et chimique des sols) prospection pédologique) en passant par les secteurs de la géologie, des mines, de la chimie et de l’information géographique (sécurité au laboratoire et gestion des produits chimiques, les innovations du code minier de 2015, initiation au système d’information géographique) et aux questions du développement socio-économiques (la mobilisation des ressources financières pour le développement communal, changement climatique et développement, la protection sociale et la lutte contre la pauvreté).

L’atelier a offert une occasion aux participants de vivre une situation réelle de production de contenus. La soirée s’est déroulée de manière satisfaisante et les présentations à faire les jours 4 et 5 promettent d’être d’un niveau élevé.

 

La Direction Régionale

Le mercredi 05 avril 2017, au troisième jour de la formation de l’IHEID-Genève en CAS Genre, en collaboration avec l’IPD-AOS, le groupe de formatrices et de participant-es venu-es du Sénégal, du Mali et du Burkina Faso a rendu une visite d’apprentissage à l’association « La Saisonnière », dans le quartier Bendogo, à l’Est de Ouagadougou. Créée en 2003 sous forme de groupement féminin et transformée en association en 2006, « La Saisonnière » participe au développement de la communauté par l’offre d’emplois et par la génération de revenus. Ses cibles prioritaires sont des personnes vulnérables composées de femmes, de jeunes filles et garçons déscolarisés et non scolarisés.

L’association conduit une multitude d’activités couvrant, entre autres, l’agro-écologie (maraîchage biologique), l’alphabétisation fonctionnelle, la couture, le tissage, la restauration, la transformation des produits locaux, l’élevage.

Les jardinières disposent chacune de sept planches pour produire, entre autres, de l’amarante, de l’aubergine, des choux, des carottes, du gombo, de la pomme de terre, de menthe, de la salade. Par mois, chaque femme peut avoir des revenus de 25 000 à 35 000 francs pour la vente de ses produits. Les recettes leur permettent de répondre aux charges liées à l’alimentation, à la scolarisation des enfants et à l’entretien de la famille. Les jardinières participent au fonctionnement de l’association par une cotisation mensuelle de 1500 francs.

Le jardin de l’association constitue un site idéal pour le stage pratique des étudiants dans les filières de l’agriculture et des innovations technologiques.

Membre du CNABio, l’association propose des produits biologiques à des prix préférentiels. Elle a adopté la philosophie de Slow Food qui développe trois concepts : le bon, le propre, le juste. Manger sain tout en contribuant à protéger l’environnement est possible en plein cœur de Ouagadougou grâce à « La Saisonnière ».

Elle sait également tirer un meilleur profit des nouvelles technologies de l’information en permettant à ses clients de commander et de payer les produits par email et par le transfert d’argent via les compagnies de téléphonie mobile.

La visite de cette organisation d’économie sociale et solidaire a pris fin par un déjeuner biologique offert par la présidente de l’association, Madame Claudia Sophie Salamata SEDEGHO (saisonnièCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), enseignante de science naturelle à retraite depuis 2001. L’exemple de cette actrice du développement prouve que l’Afrique peut bien arriver si ses filles et ses fils s’engagent avec persévérance, courage et optimisme au service du développement inclusif, décent et durable.

Dr Poussi SAWADOGO

Directeur des Etudes/IPD-AOS

Le mardi 18 avril 2017, une délégation de l’Institut Panafricain pour le développement Région Afrique de l’Ouest et Sahel (IPD-AOS) conduit par le Directeur Régional par intérim, Dr Poussi SAWADOGO, a été reçue en audience par le Directeur Général de l’Institut Géographique du Burkina (IGB), Monsieur Abdoulaye BELEM.

D’entrée de jeu, le Directeur Régional par intérim de l’IPD-AOS a présenté les activités de sa structure ainsi que les possibilités de collaboration entre les deux instituts.

Le Directeur Général de l’IGB a remercié l’IPD-AOS pour l’initiative. En effet, l’IGB a entamé un mouvement de dynamisation de ses relations. Une série de convention de partenariat est engagée avec différentes organisations. Ainsi donc, un partenariat entre l’IPD-AOS et l’IGB constitue est la bienvenue.

Un projet de protocole sera préparé et signé entre les deux instituts afin de disposer d’un cadre formel pour l’action. Dans le cadre de sa politique de visibilité de l’IPD-AOS, le Directeur Régional par intérim a proposé à l’IGB d’animer un panel sur l’information géographique au cours des prochains mois.

A travers les engagements et motivations constatés de part et d’autre, cette initiative de mise en place d’un partenariat augure un bon lendemain pour les deux institutions.

Bié TIONO, Chargé d’études et de la recherche/IPD-AOS

 

En 2000, une Danoise, ElseTraerup, après des années de service pour l’Afrique, s’engage dans le développement local à la périphérie de Ouagadougou, dans la commune rurale de Saaba. L’initiative commence par la mise en place d’une association et l’acquisition d’un terrain de deux hectares. L’association a pris comme nom « Kologh-Naaba » qui signifie en mooré, langue locale, « S’approcher du chef ». En d’autres termes, ce nom évoque un engagement à servir les autres en faisant alliance avec tous ceux qui détiennent une parcelle d’autorité et sont capables d’influencer positivement le processus du développement local. En 2003, pendant que l’initiatrice de l’association jouissait de ses droits à la retraite, elle reçoit la reconnaissance officielle de son mouvement des autorités burkinabè.

L’association est gouvernée par deux instances à savoir l’assemblée générale et le bureau exécutif. L’assemblée générale est l’instance stratégique qui donne l’orientation pour la mise en œuvre des activités. Le bureau exécutif se charge de la gestion quotidienne et met en œuvre le programme d’activité défini par l’assemblée générale. La concertation et le consensus ont toujours été privilégiés dans le processus de prise de décision des instances de l’association.

L’association s’est constituée avec une dizaine de femmes au début. Aujourd’hui, elle compte une soixantaine de membres dont environ 50% d’hommes. Association à but utilitaire, les femmes bénéficient d’un encadrement pour apprendre des métiers. En 2015, dix femmes s’occupent du tissage, onze s’adonnent à la couture, sept se consacrent à la savonnerie, cinq femmes et deux hommes font le jardinage, la cuisine-restauration est prise en charge par cinq femmes et seize jeunes hommes sont engagés dans la maçonnerie.

Dans chaque métier, la ponctualité, la présence et la participation sont des valeurs partagées. Chaque actrice ou chaque acteur est payé(e) en fonction de son rendement. Un cahier de présence est tenu pour faire le bilan mensuel afin de permettre la répartition des fruits de la vente des produits de l’association. En plus des ressources financières générées par les différents métiers, il faut ajouter les frais d’hébergement reçus de la location des chambres disponibles au niveau du siège de l’association. 

L’association dispose d’espaces de vente de ses produits au sein de son siège et dans la ville de Ouagadougou. Elle participe à des expositions au Danemark, en Suède et en Allemagne.

L’association a un impact positif sur la communauté et son environnement. Grâce à une subvention de la mairie de Saaba, les savonnières ont formé vingt-trois femmes de la commune. En 2015, l’association, à travers son projet d’énergie solaire, a également apporté de la lumière à soixante-dix écoles dont trente salles de classe de la commune de Saaba, vingt salles de classe de la commune de Pabré et vingt salles de classe au profit de la commune de Tanghin-Dassouri. Ce projet a un impact durable sur la réussite scolaire. Selon la Présidente, à ce jour, l’association a installé de l’éclairage dans environ 150 écoles.

L’association a également fait un don de cinquante ordinateurs et imprimantes pour deux écoles de la commune de Saaba. Elle a également distribué des fournitures scolaires aux écoles de la commune de Saaba par le canal de l’entreprise MAESRK. Une école de la commune de Saaba a également bénéficié d’une classe construite par l’association. Elle a aussi offert à la mairie une maison modèle construite entièrement en banco avec une voûte nubienne.

L’association œuvre pour l’atteinte de l’autonomie financière afin de pouvoir mener de façon durable ses activités de promotion du développement local. Selon la Présidente, « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour pouvoir vivre et fonctionner sans donations de l’étranger. Chaque année ça va un peu mieux, mais cela n’est pas facile. Nous avons déposé une demande de reconnaissance comme une association d’utilité publique il y a quelques mois, et nous attendons avec un grand intérêt la réponse du Ministère. Il s’agit de faire vivre l’Association aussi quand je ne serai plus au Burkina Faso. » La durabilité de l’initiative préoccupe la fondatrice.

Pour être à la hauteur des défis, l’association fait du renforcement des capacités de ses acteurs une grande priorité. C’est ce que confie la Présidente ElseTraerup : « Depuis 5 mois nous faisons l’alphabétisation de 25 de nos femmes. Le projet  aura une durée d’environ 18 mois. Nos maçons sont en train de négocier 3-4 commandes de bâtiments en CSB. Nos tisseuses viennent d’apprendre des techniques éthiopiennes, qui peuvent donner des commandes internationales, (…). Madi, notre gestionnaire, ira au Danemark pour un stage d’environ deux mois pour que nous puissions développer le secteur d’énergie solaire davantage. »

L’association se présente comme un exemple d’expérimentation de l’économie sociale et solidaire au service du développement local.

Ouagadougou, le 24 février 2017 (mise à jour)

 

Programmes académiques


          Nos Cycles

  • Licence Professionnel
  • Master et DESS Professionnel
  • Doctorat en Science Appliqués au Développement

          Nos Filières professionnelles

  • Planification Régionale et Aménagement du territoire ( PRAT )
  • Télédétection et Système d'Information Géographique (T/SIG)
  • Genre Population et Développement (GPD)
  • Management des Projets et Microréalisations (MPMR)
  • Agriculture et Innovations Technologique (AIT)
  • Economie Social et Solidaire (ESS)

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