Du 2 au 4 novembre 2016, un atelier international s’est tenu à Dakar pour discuter des modalités de production d’un rapport alternatif sur l’Afrique. Ainsi trois jours durant, d’éminents professeurs, économistes, sociologues, statisticiens, informaticiens, etc. ont réfléchi et échangé sur les voies et moyens permettant à des Africains d’élaborer un rapport qui sorte des modèles standardisés et qui s’adressera à tous ceux qui veulent changer l’Afrique.


Le constat a été fait que plusieurs décennies durant, l’image généralement retenue de l’Afrique est celle d’un continent de pauvreté, de guerres ethniques, de coups d’Etat, de famine, de pandémie, etc. mais aussi de ressources naturelles qui ne bénéficient pas à ses populations.

Ainsi, tous les reportages et documentaires produits dans le monde sur la faim, la misère, les déplacements de populations pour faits de guerre ou de famine sont illustrées par des images de l’Afrique, de même que toutes les richesses minières et forestières du continent sont exploitées au profit essentiellement des sociétés et des nations occidentales et, surtout, deviennent le plus souvent porteuses de conflits et de guerres fratricides. De ce fait, ce qui devait être source d’épanouissement et de bonheur pour le pays et ses populations, devient, pour ces dernières, malheur et désolation, et, pour le premier, un frein à son développement.

Cependant, depuis une dizaine d’années, sans qu’aucune évolution notable ne soit perceptible dans les faits et dans la vie des populations, le discours, lui, change. L’Afrique qui était encore présentée comme le continent de toutes les dérives et de toutes les négations, devient très rapidement l’avenir du monde, le continent de la croissance.

Du coup, cette nouvelle donne laisse nombre d’africains songeurs. Les populations africaines comme les organisations de la société civile s’interrogent.  Elles se demandent si cette présentation idyllique de l’Afrique repose sur du concret, si elle est une simple vue de l’esprit, un regard à travers un prisme, ou tout simplement une volonté délibérée de travestir la vérité pour des buts inavoués ? Qu’en est-il réellement ? Et surtout, qu’en disent les africains ? La réponse n’est pas toute trouvée car l’ensemble des documents qui existent à ce sujet, même si des africains ont participé à leur rédaction, sont le produit des institutions et organisations gouvernementales ou onusiennes qui ont toujours utilisé un regard et des indicateurs qui ne cadrent pas souvent avec les réalités de l’Afrique.

C’est pour essayer de répondre à ces questions qu’Enda Tiers Monde avec le CODESRIA et d’autres institutions de recherche africaines ont estimé que le temps est venu pour que les Africains donnent leur point de vue sur la marche du continent à travers un rapport alternatif tant du point de vue de sa conception, de sa réalisation que de son financement. La philosophie de ce rapport sera de faire quelque chose de différent dans ce monde de rapports de toute sorte. Son objectif sera d’informer, de générer de la connaissance, de partager, de motiver ceux qui veulent transformer l’Afrique. Il devra être un instrument qui permettra d’orienter l’action.  Pour la démarche et les processus de sa fabrication, on privilégiera un travail de recherche et d’analyse au niveau de chaque pays et même à une échelle beaucoup plus localisée pour sortir des modèles standardisés. Il faudra donc organiser des consultations nationales, investir les organisations socio-économiques, concevoir des outils innovants applicables à nos réalités dans une approche ad hoc collective de construction.

Pour tendre vers un futur différent de notre trajectoire actuelle, nul doute qu’il faudra oser penser, oser parler, mais aussi oser agir. Parler pour redonner confiance à nos sociétés fragilisées par de longues périodes d’aliénation, penser pour les voies d’un vrai développement économique et social, et agir pour peser le cas échéant dans les décisions qui engagent les sociétés. 

Comment faut-il aborder les questions et enjeux africains spécifiques et comment situer l’Afrique dans le monde ?

Même si la parole est (re)donnée aux africains, si nous utilisons aveuglément des concepts empruntés à d’autres contextes/modèles, nous risquons de répéter à l’envi « la parole du maître ». Nous ne pourrons mettre en œuvre des processus de transformation économique qui ne peuvent se faire sur le modèle existant, sans « bruler » la planète. Nous devrons aller « directement » vers de nouvelles façons de concevoir l’économie de façon plus écologique et durable.

Ainsi, plutôt que se focaliser sur des « marchés émergents », il s’agirait de promouvoir et mesurer les progrès vers des sociétés émergentes. Cela signifie déjà qu’il faut travailler à un projet politique souverain, populaire et autonome.

Le RASA comblerait le gap dans l’existant en rendant possible une production de savoir :
-               qui donne des armes à nos peuples pour qu’ils fassent face à ce chaos et tracent le chemin de prise en charge de leur propre destin (qui est en train de se faire d’ailleurs, mais reste invisible,
-               qui s’intéresse aux transformations concrètes/réelles qui vont se passer dans nos sociétés, notamment en produisant des rapports économiques et sociaux. 

 

 

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