Le commun monétaire

En marge des activités de la deuxième édition de l’université d’été tenu du 29 juillet au 03 août 2019 à l’Institut Panafricain pour le Développement Afrique de l’Ouest et Sahel (IPD-AOS), sous le thème : « Micro finance et E-Commerce », une conférence sur « la monnaie en tant que commun. Une innovation pour un développement alternatif durable au sud » a été organisée. Elle a été animée par le Pr émérite Jean Michel Servet de l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID), le samedi 03 août 2019.

L’invité pour cette conférence a été le Pr émérite Jean Michel Servet, de l’ l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID). Il travaille depuis une quinzaine d’années sur les monnaies complémentaires ou alternatives et le microcrédit.

Plus d’une cinquantaine de personnes ont pris part à cette conférence dont les apprenants du master DPP (Diplôme en Politiques et Pratiques du Développement) Afrique francophone qui se tient à Ouagadougou au Burkina Faso au niveau de l’association Yam Pukri. C’est la deuxième année consécutive que le Pr JM Servet amine une conférence à l’IPD-AOS en marge de ses cours au DPP.

A l’heure où plusieurs pays sont entrain de vouloir adopter une monnaie commune, il était opportun d’organiser une conférence sur « la monnaie en tant que commun. Une innovation pour un développement alternatif durable au sud ».

La monnaie est une unité de mesure de la valeur et des échanges. On la reconnait à travers ces trois fonctions, unité de compte, intermédiaire d’échange et réserve de valeur.
Quant au Commun, il est un rapport social au sein d’une communauté. La création d’une monnaie unique peut elle booster l’économie d’un pays ? En plus de la monnaie unique, ne faudrait-il pas développer les monnaies locales ?

Selon le conférencier, il n’existe pas de biens matériels ou immatériels qui seraient communs par nature. D’où la possibilité qu’ils le deviennent ou que, à la suite d’un processus d’enclosure, ils cessent de l’être. Un Commun est un rapport social au sein d’une communauté. Cependant, il préconise de définir les parties prenantes du Commun.
Le bien commun fait primer, l’intérêt général sur l’intérêt particulier, le collectif sur l’individu, la coopération sur la compétition, l’usage sur la possession.
Le Pr Jean Michel Servet distingue trois types de bien à caractères sociaux, les premiers sont liés à la nature biologique de l’humanité (air respirable, espace viable…), les deuxièmes sont liés à la nature sociale de l’humanité (santé, éducation …) et les troisièmes tiennent à l’appartenance à une communauté politique (droits fondamentaux, possibilité de se regrouper …).
Aujourd’hui, le champ d’application du concept de commun s’est étendu : depuis des ressources écologiques, au savoir, au logiciel libre, aux médicaments, et jusqu’à la monnaie et la finance.
Au cours de la conférence, il a relevé qu’un commun monétaire n’est pas (seulement) un service monétaire et financier qui favorise un développement durable, d’un point de vue environnemental dans la consommation des ressources naturelles. Il se différencie d’une ressource naturelle ou d’un savoir, d’un brevet ou autre élément dit « immatériel ».
On constate une spécificité du commun monétaire par rapport à tous les autres communs. Il existe une nécessité de veiller à sa reproduction (par exemple le remboursement d’un prêt).
En effet, le Pr émérite Jean Michel Servet a souligné que l’amélioration de l’économie d’un pays ne se résume pas au changement monétaire mais plutôt, au changement de la politique monétaire. Car, les Etats ne créent pas de la monnaie mais ce sont les banques commerciales. Le papier monnaie ou les espèces sonnantes ne représentent qu’une infime partie de la masse monétaire d’un pays. Ce sont les relations commerciales ou l’intégration commerciale entre pays qui donnent un sens à une unité monétaire. Si avoir sa propre monnaie consiste à acheter toujours des biens et services à l’extérieur de l’union monétaire, cela n’aura aucun sens.
Pour pallier à cela, il faut mettre en place un comité de veille à l’injonction de la monnaie par les banques commerciales et un système de protection pour les industries naissantes dans les pays concernés.
Il renchérit en disant qu’au sein d’un ensemble économique utilisant une monnaie unique, il peut avoir des monnaies locales ou alternatives. Elles sont une valorisation de la diversité identique par exemple, nous avons le LEMAN en Suisse ainsi que des monnaies comme LA PALMAS en Amérique Latine.
Au sortir de la conférence, Mme Nestorine Illa/Sangaré, nous a confié qu’elle était satisfaite de la communication et a ajouté « j’ai appris de nouvelles choses sur la monnaie. Cela me permettra de donner plus aisément mon point de vue sur la question. » .
Dans l’ensemble, le public a apprécié la conférence, en dénote les nombreuses contributions et questions après la présentation.

Pour en savoir plus :

• Monnaie solidaire LAS PALMAS : https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_Palmas
• Monnaie Alternative Suisse, le LEMAN http://monnaie-leman.org/

• Pr JM SERVET, Penser la dimension de commun de la monnaie à partir de l’exemple des monnaies complémentaires locales https://journals.openedition.org/interventionseconomiques/3943
http://dpp.graduateinstitute.ch/fr/home.html

SANA Safiatou
Communicatrice Pour le Développement
Assistante Technique PA-EESSA.

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